Yellowstone
A partir de 1800 environ, des trappeurs ont décrit
Yellowstone, un endroit comptant plus de 500 geysers, soit plus que la moitié
de tous les geysers existant au monde, et le gouvernement américain a envoyé en
1870 une expédition de savants analyser ce lieu. Au vu de lors rapport, le congrès américain a
créé alors le premier parc national au monde avec une superficie de près de
9000 km2 (autant que les plus grands des départements français) pour en
faire un lieu « exempt d'exploitation mercantile, voué à la
satisfaction du peuple », c’est-à-dire à la préservation de la nature et
au tourisme. Cela se produit au moment même où l’armée des USA extermine et
déporte les tribus indiennes, y compris celles qui vivaient là…
Mais pourquoi donc plus de la moitié des geysers au monde à
cet endroit ? On a découvert peu à peu qu’une énorme poche de magma se
trouve à quelques km sous la surface de la terre à cet endroit. Cette poche est
immobile, mais la croute terrestre américaine bouge constamment de quelques cm
par an. Il y a 16 millions d’années un énorme volcan a explosé à quelques
centaines de km à l’ouest de Yellowstone, puis un autre plus proche il y a 10
millions d’années, un autre il y a 6 millions d’années, et enfin à Yellowtone
ont eu lieu 2 énormes explosions il y a 2 millions d’années et 600 000
ans, restructurant toute la géographie du lieu.
De nombreuses nappes d’eau sont chauffées et comprimées
depuis par le magma, et remontent vers la surface : c’est une conséquence
de cette activité souterraine, une conséquence qui disparaitra peu à peu dans
un futur lointain…
Le parc communique avec beaucoup de pédagogie la connaissance
géologique très particulière du lieu. Les « rangers » expliquent très
bien les nécessités d’adaptation, la multiplication de « boardwalks »
(cheminements sécurisés) qui sont souvent déplacés à cause de nouvelles
crevasses, les progrès de la science étudiant les microorganismes se
nourrissant de la chaleur et de l’hydrogène des écoulements brûlants, ce
qui passionne les chercheurs intéressés aux planètes lointaines…
La couleurs du liquide dépendent de sa chaleur : bleu/
aucun organisme vivant ne supporte la chaleur, les autres couleurs liées en
fonction de leur chaleur aux organismes qui s’y adaptent…
L’autre thématique de sa politique est la protection de la faune et de la flore. Sur ce plan, le parc explique ce qu’il fait actuellement, mais très peu le cheminement de sa politique de conservation depuis l’origine. Expliquer les progrès de la science est enthousiasmant, expliquer les errements passés de la conservation de la faune et de la flore est plus délicat. Le parc a d’abord éliminé des carnassiers comme les loups, avant d’apprendre leur nécessité pour assurer l’équilibre du biotope : un ranger nous a dit qu’aucun des excellents films de National Geographic sur la réintroduction des loups n’était diffusé. Il en est de même de la gestion des ours, que les visiteurs nourrissaient autrefois (ils adorent les glaces !...) et qui sont maintenant strictement laissés vivre une vie naturelle. Le parc ne guérira pas un animal blessé ou malade, mais il interviendra en cas d’épidémie… Nous avons vu un chemin barré à cause d’un nid de balbuzard à protéger… Il y a là une histoire, un développement de la protection de la nature qui mérite d’être partagé et expliqué avec autant de compétences que la géologie et les recherches sur les microorganismes…
Malheureusement, on a du mal a aller plus loin
que de belles photos de bisons, de wapitis, de pumas… La mission d’éducation à
l’environnement du parc se limite à ce qui se voit !

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